Sainte Elisabeth de la Trinité

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elisabeth triniteElisabeth Catez est plus connue sous le nom d’Elisabeth de la Trinité. Comment cette petite carmélite qui n’a vécu que 5 années au carmel de Dijon a-t-elle pu devenir sainte ? C’est là tout le mystère de la grâce ! Elisabeth, comme Thérèse Martin, est une grande âme toute tournée vers le Christ, et c’est par lui qu’elle s’est laissée transformer. Sa magnifique prière « Ô mon Dieu, Trinité que j’adore », témoigne du feu d’amour auquel elle s’est donnée et livrée.

Le rayonnement de sainteté qui se dégage d’elle est si immense qu’elle est connue jusqu’en Amérique Latine, en Inde, aux Philippines. Béatifiée en 1984 par le pape Jean-Paul II, elle a été canonisée le 16 octobre dernier par le pape François à Rome.

Voici un résumé de sa courte vie, puisque la maladie l’a emportée à l’âge de 26 ans.

Sa vie en quelques dates      

  • 1880      : Le 18 juillet, naissance au camp d’Avor (près de Bourges) où son père est capitaine.
  • 1882      : La famille vient s’installer à Dijon. Naissance de Marguerite, la chère « Guite »
  • 1887      : Mort brutale de son père.
  • 1893      : 1er Prix de Piano au Conservatoire de Dijon.
  • 1894      : 14 ans, Elisabeth, la musicienne admirée, se donne sans retour à Jésus, et entend l’appel du Carmel. Sa maman s’y opposera jusqu’à ses 21 ans.
  • 1901-1906 : 5 années de vie au Carmel de Dijon.
  • 1906      : Le 9 novembre, Elisabeth meurt, à 26 ans, de la maladie d’Addison, alors inguérissable.
  • 1984      : Béatification par le pape Jean-Paul II
  • 16 octobre 2016 : Canonisation par le pape François

Un « terrible caractère »

Enfant, Elisabeth était colèreuse, têtue. Elisabeth ? « Elle sera un ange ou un démon ! » disait sa maman.

Une rencontre qui change tout 

Lors de sa 1ère Communion, alors qu’elle a 11 ans, elle ressent une nouvelle force en elle : celle de Jésus. Elle sait que c'est par lui qu'elle arrivera à dominer son caractère colérique. Pour l’amour de Lui, elle mène des combats intérieurs lorsqu’elle « sent son sang bouillir en elle » !

Au lendemain de sa première communion, elle apprend que son nom « Elisabeth » signifie « Maison de Dieu » : un horizon merveilleux s’ouvre dans son cœur de fillette, un horizon qui ira en s’élargissant à l’infini…

Une pianiste surdouée

Elève au Conservatoire depuis ses 8 ans, Elisabeth travaille le piano des heures par jour. Les journaux locaux font les éloges de la jeune virtuose de 13 ans qui interprète avec une telle sensibilité Lizst, Chopin, Schuman ! Mais Elisabeth n’en tire pas orgueil : elle pense à son Bien-aimé qui « habite en elle » et joue pour Lui.

Son regard profond est un regard d’amoureuse qui frappe son entourage. Jeune fille, alors qu’elle danse un quadrille avec entrain, une amie l’interpelle : « Elisabeth, tu vois Dieu ! »

Chrétienne « dans le monde »

Soirées musicales et dansantes, voyages en famille aux quatre coins de la France durant les vacances : Elisabeth, qui aime s’habiller avec goût, confectionner elle-même chemisiers et garnitures à la mode, se prête à ce quotidien qu’elle accepte comme la volonté du Seigneur et vit comme une « carmélite au-dedans ». On remarque à la fois son recueillement extraordinaire quand elle prie, et son amabilité exquise envers tous.

Elisabeth est bien insérée dans sa Paroisse : participation à la Messe quotidienne, aux retraites et missions, à la chorale... A 19 ans enfin, elle reçoit le consentement de sa mère pour son entrée au Carmel à l'âge de sa majorité, donc deux ans plus tard.

Carmélite, « merveilleusement humaine »

Le cœur au ciel, - « un Ciel qui est en nous ! »- et les pieds sur terre : telle est Elisabeth, plongée dans un profond recueillement lors de la prière de l’Office ou l’oraison silencieuse, ou dans sa « chère petite cellule » où elle coud les vêtements de ses sœurs.

Et avec cela, compagne des plus agréables, s’oubliant elle-même, constamment souriante et serviable.

Ce Mystère de la TRINITE dont elle porte désormais le nom, l’emporte toujours plus loin « au-dedans », « dans le silence » pour vivre « avec les Trois » comme elle l’écrit si familièrement.

Elle découvre avec émerveillement les Lettres de St Paul, écrivant aux chrétiens le projet de Dieu sur nous : « que nous devenions conformes au Christ, son Fils Bien-Aimé », et cela pour « la louange de sa gloire »

« Conformée, configurée au Christ », Elisabeth va le devenir d’une manière héroïque dans la maladie qui va bientôt l’atteindre, portant sa croix « comme une reine aux côtés du Crucifié », offrant tout pour l’Eglise.

« Louange de gloire » : c’est l’autre rêve qu’elle va aussi réaliser : plus de piano sous ses doigts, c’est son être tout entier, corps et âme, qui devient un instrument sous le souffle de l’Esprit-Saint.

Un message pour tous : Rayonner du Christ !

Dans ses Lettres, dont beaucoup adressées à des laïcs, Elisabeth, chaleureuse et concrète, partage avec enthousiasme « son secret, le secret du bonheur ».

  • Croire (même si on le sent pas) au Dieu tout Amour qui habite au plus intime de nous-même et désire que nous vivions en sa compagnie.
  • Faire silence pour L’écouter.
  • Nous livrer à sa Présence qui veut nous transformer.
  • « Je vous laisse ma foi en la Présence de Dieu, ce Dieu tout Amour habitant nos âmes. Je vous le confie : c’est cette intimité avec Lui « au-dedans » qui a été le beau soleil irradiant ma vie !  »
  • « Au ciel, ma mission sera d’attirer les âmes en les aidant à sortir d’elles-mêmes pour adhérer à Dieu par un mouvement tout simple et tout amoureux et de les garder dans ce grand silence du dedans qui permet à Dieu de s’imprimer en elle ».