Fascinée par l'Amour !

En célébrant le 120ème anniversaire de la mort de Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, et le 20è anniversaire de son élévation au titre de Docteur de l'Eglise, toute la famille carmélitaine se tient en action de grâce pour faire mémoire de sa sainteté.

En ce 1er octobre, nous vous proposons la contempler dans la gloire éternelle où elle se tient pour nous et pour toute l'Eglise.therese carmelite

“ Il m'a aimée et s'est livré pour moi ” (lettre de St Paul aux Galates. 2,20)

Et toi, m'aimes-tu ?

Dès son plus jeune âge, Thérèse entendait au fond de son coeur cette question.

Et pour toute réponse,  le cri de Jésus sur la Croix, “ J'ai soif ” retentissait dans son coeur, et allumait en elle une ardeur inconnue et très vive.

“ Je voulais donner à boire à mon Bien-Aimé et je me sentais moi-même dévorée de la soif des âmes. ” (Histoire d'une âme, Manuscrit A 45-46)

Alors, elle décide de ne vivre que pour cela.

A 15 ans, elle réussit à se faire accepter au carmel de Lisieux. Décision insensée pour beaucoup, mais non pour elle qui est toute dévorée par la découverte de “son ” Jésus. Aucun nom ne résonne plus profondément en elle que ce nom de “ Jésus ”.
C'est d'ailleurs le mot qui revient le plus souvent sous la plume de Thérèse ; puis c'est le verbe “ aimer ”.
S'élançant à toute allure, Thérèse mettra pourtant plus de 7 ans avant de comprendre que, aimer en profondeur, comme elle le conçoit, n'est pas réalisable par ses propres forces. Jésus seul peut lui donner Jésus.

Docteur d'une géniale petite voie

Thérèse a de grands désirs : devenir sainte pour la joie de Dieu. Mais la route est longue et difficile.
Elle s'essouffle en chemin. Dès son entrée au carmel, la souffrance lui tend les bras. Avec un coeur douloureux, elle porte en elle la souffrance de son père, interné pendant 3 ans dans un hôpital psychiatrique. Mais la contemplation de Jésus gravissant son Calvaire l'aide à accueillir cette épreuve, tout en se sentant indigne et infidèle à son Amour.

Elle persévère coûte que coûte sur le chemin vers le sommet à atteindre, mais elle est bloquée par son impuissance.

Alors la lumière se fait : “ Jésus ne m'inspirerait pas les désirs que je ressens, s'il ne voulait pas les combler ”, dit-elle.
L'image de l'ascenseur vient à son esprit. “ L'ascenseur qui doit m'élever jusqu'au ciel, ce sont vos bras, ô Jésus. ”
La voilà donc trouvée cette petite voie, bien droite, bien courte, toute nouvelle. Entrer dans l'ascenseur de Dieu, c'est jouer la confiance, rien que la confiance.

La Petite voie de Thérèse s'incarne dans la vie quotidienne. Au lieu d'attacher de l'importance aux choses extraordinaires, Thérèse opère un retour à la simplicité de l'Evangile, à la « voie commune » dont Marie de Nazareth est le modèle.
Elle est réaliste : l'amour parfois, c'est un grand pas, mais la plupart du temps, c'est mille petits pas. Dans la vie de chaque jour les grandes décisions et les actions éclatantes sont rares. Par contre “ les petites choses ” abondent ; et Thérèse s'efforce de les faire par amour.

Alors sa Petite Voie, ne serait-elle pas plutôt une autoroute ? Celle de la confiance en Dieu Amour et Miséricorde

Edito Thérèse d'Avila maitresse d'oraison

therese avila icone

En 1970, le Pape Paul VI proclamait Thérèse d’Avila, Docteur de l’Eglise universelle en raison de son enseignement magistral sur l’oraison et la vie spirituelle.

En effet, dans ce domaine, elle s'était révélée être un guide sûr capable d’éclairer toutes celles qui, voulant intensifier leur relation à Dieu par la voie d’une vie intérieure authentique, lui firent confiance.

« Je ne dirai rien dont je n’aie l’expérience, soit pour l’avoir éprouvé en moi-même, soit pour l’avoir vu dans les autres. » (Prologue du Chemin de Perfection)

C'est à la demande de ses accompagnateurs spirituels et/ou de ses sœurs carmélites, qu'elle écrivit 4 œuvres majeures : Le livre de ma Vie (1565), le Chemin de Perfection (1567), les Fondations (1573) et le Livre des demeures encore appelé le Château intérieur (1577).

Dieu nous propose son amitié

Le premier pas pour « aventurer sa vie en Dieu  » est d'oser croire que c'est Lui le premier qui désire notre amitié, et qu'il veut faire de notre cœur « le paradis de sa joie » :

« Je suis vôtre et née pour Vous… vôtre car vous m’avez supportée, vôtre car vous m’avez rachetée, vôtre car vous m’avez attendue…
Que voulez-vous faire de moi ? »
(Poésie V).

Edito de la Pentecôte

Edito de la Pentecôte  : Le vent souffle où il veut ...

Aujourd’hui, lorsque l’on dit de quelqu’un que c'est du vent, ou qu’il brasse de l’air, on veut dire qu’il n'est pas grand-chose, ou qu’il ne fait rien !

arbre dans le ventPourtant, le récit de l’évènement de la Pentecôte, qui a bousculé les apôtres, au point de les faire sortir d’eux-mêmes, décrit l’Esprit Saint comme un violent coup de vent. Dans l’Ancien Testament, le prophète Elie qui s’était réfugié dans une grotte, a ressenti la « présence » de Dieu dans le souffle d’une brise légère.

Paradoxe des mots et du sens que nous leur donnons.

Paradoxe aussi de l’Esprit de Dieu qui ne se laisse pas enfermer dans les mots. Feu, vent, source, colombe, visible, invisible, l’Esprit-Saint est « multiforme » afin qu’on ne puisse le prendre, ni l’enfermer dans une définition.

A la Pentecôte, ce vent est un ouragan qui survient comme un feu, insaisissable. Il est le mystère de l'amour plus fort que la mort, plus fort que la peur.

A la Pentecôte ce vent est une force clairement visible par ses effets, mais réellement invisible. Dieu se fait souffle, brise, secousse ; à la fois rassurant et bousculant. L'Esprit de Pentecôte est un vent fort, telle une audace incroyable, qui pousse au loin les craintes, celles surtout qui empêchent d'aimer ou de s’engager.

L'Esprit n'aime pas les sécurités, ni les assurances tous risques. Il aime ébranler les cuirasses de certitudes, et les manteaux d'orgueil qui font renoncer au pardon nécessaire.

L'Esprit est audace. Il expose parfois au danger de n'être pas compris. C'est lui qui poussa Pierre à parler et tous ceux qui l’entendaient le croyaient ivre !

L'Esprit est le risque que Dieu prend de nous faire confiance. Il est l’audace de Dieu qui ose nous confier l'Evangile afin que nous en vivions et le disions à d'autres.

Par nous, à travers nous, partout où l'on étouffe l'Amour, le Souffle de Dieu tente de redonner vie. Il suffit pour cela d'écouter à l’intime de nous-mêmes une langue aux mots brûlants. Ce n'est pas une langue morte, elle nous vient des prophètes et du Christ.

Jésus qui m'a brûlé le coeur
Au carrefour des Écritures,
Ne permets pas que leurs blessures
En moi se ferment.

Tourne mes sens à l'intérieur,
Force mes pas à l'aventure,
Pour que le feu de ton bonheur
À d'autres prenne !

Hymne liturgique du temps pascal

Edito de Pâques

Après le long carême et les trois jours de la Passion, la joie de Pâques envahit notre coeur tout brûlant de reconnaissance pour l'immense mystère d'amour qui se dissimule dans le tombeau ouvert.

«Il n'est plus ici ! » affirme l'Ange.  Parole forte qu'il faut se redire aujourd'hui encore ! resurrection 240

Nous savons que Jésus a aimé follement l’humanité  par le don de lui-même sur la croix pour poser une barrière définitive, irrémédiable, entre la mort et la vie. Désormais, il est du côté de la Vie, auprès de son Père, et c'est pourquoi le tombeau est vide.

La vie a vaincu la mort parce que l’amour a été plus fort que la mort. C’est le mystère du matin de Pâques, et le message de Pâques ! Jésus ne ressuscite pas pour lui-même mais pour nous.

Il veut nous entraîner dans la dynamique de sa résurrection. Et pas seulement la résurrection de notre corps à la fin des temps, mais une résurrection progressive, comme une lente et patiente maturation dans notre vie quotidienne.

Nous avons à laisser la semence de la grâce pousser en nous pour que notre regard, notre intelligence, notre imagination, notre corps, notre affectivité soient transformés.

Au matin de Pâques, Jésus vient à nous, il se  donne à voir et à croire.

Puissions-nous nous, comme Marie-Madeleine, Pierre et Jean, devenir des témoins de la résurrection, par notre manière de vivre  en ressuscités !

Bonne fête de Pâques à tous !

Edito de Pâques 2016

Dans une humanité qui a tellement besoin de ressusciter

icone resurrectionCélébrer la Pâque, c'est collaborer aux résurrections d’aujourd'hui et de demain, afin qu’elles soient plus belles que celles d’hier !

« Vous êtes morts avec le Christ, votre vie reste cachée en lui… Mais si vous êtes ressuscités avec le Christ, préoccupez-vous de ce qui est là-haut, non de ce qui est sur la terre » nous dit l’apôtre Paul. (Col 3, 1-4.)

Nous espérons, certes, recevoir une résurrection plénière, totale, par grâce, par-delà notre mort terrestre. Mais saint Paul affirme clairement que cette résurrection est déjà commencée. Comme un ferment, ou un germe, qui fait lever tout notre être, si nous exposons nos vies au souffle vivant de l’Esprit Saint.