Bienheureuse Françoise d'Amboise

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1427 - 1485

Enfance à la cour des Ducs de Bretagne

Françoise, fille de Louis d'Amboise et Marie de Rieux, naît en 1427 au Château de Thouars en Poitou. La guerre de cent ans bat son plein en France et en Bretagne. Intrigues et complots ne manquent pas. L'un d'eux vise la Trémouille, puissant favori du Roi, Charles VII.
Louis d'Amboise est arrêté comme complice, jugé et condamné à la prison à vie.
Dès lors, Marie de Rieux cherche refuge et protection auprès d'Arthur de Richemont, frère du duc de Bretagne, Jean V et vient résider à Parthenay, près de Nantes. Un conseil de famille réuni autour du comte Arthur décide que Françoise serait donnée en mariage au fils aîné du Duc, Pierre ; Françoise deviendra princesse bretonne ; elle a seulement 4 ans et Pierre en a 12 !
Marie de Rieux accepte la séparation d'avec sa fille qui est conduite quelques mois plus tard au château de l'Hermine à Vannes où le Duc, la Duchesse Jeanne et toute la Cour accueillent l'enfant avec joie.
La duchesse se fait l'éducatrice de sa future belle-fille et en fait une princesse accomplie, dévote, cultivée, prête pour les tâches qui lui seront confiées.

Françoise et Saint Vincent Ferrier

La Duchesse Jeanne avait accompagné Vincent Ferrier, le saint dominicain lors de ses prédications en Bretagne et l'avait assisté à l'heure de sa mort, à Vannes. Elle le tient en grande vénération et inculque à Françoise la même vénération ; elle lui lèguera le chapelet du saint à sa mort et de fait, Françoise se chargera plus tard de mener à bien le procès de canonisation du thaumaturge espagnol.

1442 : Comtesse de Guingamp

L'année 1442 est une date importante dans la vie de la jeune princesse. Son beau-père, Jean V décède, laissant le gouvernement du duché à François, le fils aîné. Cette même année, elle a 15 ans et se marie avec Pierre, comte de Guingamp le 2 décembre 1442.
Un mois plus tard, ils s'en vont tous les deux en voyage de noces et font pèlerinage. Ils se rendent d'abord à Notre Dame du Folgoët, dont la basilique fut édifiée grâce aux libéralités de leur père et beau-père. Poursuivant leur route ils arrivent à Morlaix où ils s'y arrêtent naturellement, car la chapelle Notre Dame des Fontaines, (lieu d'implantation du carmel actuel) a été achevée 20 ans plus tôt, grâce aussi aux libéralités du duc Jean V.
Après cela, le couple visite les seigneuries de Châteaulin, de Fouesnant et de Rosporden.
Mais, de retour à Guingamp, Françoise n'a pas la vie facile. Pierre est de caractère ombrageux, nerveux et brutal. Un jour, il s'emporte violemment contre elle jusqu'à la battre. Françoise tombe malade, déprime. La gouvernante réussit à force de patience et de douceur à apaiser Pierre. Celui-ci tombe aux pieds de son épouse et lui demande pardon. La jalousie fait place à une vraie confiance pour les années à venir.

1450 : Duchesse de Bretagne

Le règne du fils aîné, François, sur le trône ducal est de courte durée ; sa mort, en 1450, fait de Pierre et de Françoise Duc et la Duchesse de Bretagne. Françoise devient la conseillère de son mari dans le gouvernement du duché et son influence est très bienfaisante. Sa droiture, sa justesse de vue et son dévouement pour les malades sont unanimement reconnus.
Mais 7 ans plus tard, en 1457, Pierre meurt également, sans héritiers. La couronne passe à Arthur de Richemont, leur oncle.
Françoise, veuve et sans enfants, est alors libre de tout engagement ; elle a 30 ans et forme le projet d'entrer dans la vie religieuse. Le nouveau duc y est profondément hostile et son père, Louis d'Amboise, menace de la déshériter.
Françoise attend son heure. L'année suivante, la délivrance arrive avec la mort du Duc Arthur.

1463 : Fondatrice du premier carmel féminin et carmélite

Le chemin de la jeune femme s'éclaire avec la rencontre, à Nantes, du Prieur Général des Carmes, Jean Soreth. Au terme de leurs entretiens, Françoise se tourne vers l'Ordre du Carmel et se détermine à fonder un carmel féminin à Vannes.
Elle-même y entre en 1468 à 41 ans.

9 ans plus tard, elle fonde un second carmel aux Couets, à Nantes ; elle en sera la Prieure très aimée jusqu'à sa mort en 1485.
2 autres carmels « amboisiens » verront le jour à Ploërmel et Rennes, au 17è siècle.
Un siècle plus tard, Thérèse d'Avila reprendra, parfois pour les pousser plus loin, les intuitions du premier carmel féminin dont Françoise d'Amboise demeure une initiatrice et une éclatante figure.

La vénération que lui porte le peuple breton conduit à la reconnaissance officielle de son culte par l'Eglise : Pie IX la déclare bienheureuse en 1863.

En savoir plus : Lire « Françoise d'Amboise, Duchesse et Carmélite » par Abbé Joseph Trochu (1984)