1549 - 1626 : Bergère des campagnes espagnoles…

m anne stbarthPlus précisément, notre bienheureuse est née au petit village castillan d’Almendral, non loin d’Avila le 1er octobre 1549.
Son nom : Anna Garcia. Elle est l’avant dernière d’un foyer de 7 enfants.
Sa famille ne connaît ni misère, ni opulence ; elle-même est une fillette comme les autres, ni mieux ni moins douée ; savait-elle lire ? peut être… mais écrire, non ; elle l’apprendra à la trentaine au contact de la Réformatrice du Carmel : Thérèse d'Avila.
Elle connaît une vie libre et solitaire à la garde des troupeaux, au contact de la nature. La terre lui semble alors un beau jardin où elle vit seule avec ses moutons, les arbres, les herbes, les fleurs. Jésus y est son compagnon et elle en conversation intérieure avec Lui. Son enfance se déroule comme un printemps, rythmé par les jours de fêtes liturgiques où tout le village se retrouve à l’église pour la messe, les vêpres et le Rosaire.
Mais les horizons de son enfance harmonieuse et insouciante se désagrègent peu à peu. Les parents meurent.
Puis arrive l’heure des choix …Mariage ?.. Vie religieuse ?… Son frère aîné la veut mariée absolument, et lui cherche un époux. Anne penche vers la vie religieuse et résiste. Les frères lui imposent alors des travaux plus rudes. Discussions, querelles, vexations suivent. Un soir, son frère aîné, au comble de l’exaspération, lève son épée sur elle ; elle n’a que le temps d’aller se réfugier à la cave où elle passe la nuit. Au matin, la colère orageuse de son frère s’est dissipée et tous, frères et sœurs, acquiescent à son désir. On la conduit au carmel Saint Joseph d’Avila le 2 novembre 1570. Voyage d’une morne et silencieuse tristesse succèdant aux violences familiales.

Carmélite à Saint Joseph d’Avila

La porte du couvent s’est refermée sur l’humble bergère de 21 ans ; elle est accueillie comme sœur converse, c’est à dire chargée des travaux manuels (cuisine, jardin etc..) ; elle aime beaucoup mieux en effet servir les sœurs que de réciter le bréviaire . La joie habite son cœur, mais pas pour longtemps. L’aridité du désert supplante les jours printaniers de sa jeunesse. Sa vigueur naturelle est touchée. Cependant, peu à peu, à l’école de la Mère fondatrice, Thérèse de Jésus, elle apprend à se laisser dépouiller par la main de Dieu, à passer peu à peu d’ « un, je veux faire des choses pour Dieu » à un « je me laisse faire par les évènements, je laisse Dieu me prendre. » Une harmonie de vie nouvelle est à retrouver.
En 1577, La Mère fondatrice, lui demande de devenir l’infirmière de la communauté. Elle excelle dans ce rôle et s’y épanouit humainement et spirituellement.

Sur le chemin des fondations avec Sainte Thérèse

Quelque temps après, la Mère Fondatrice fait une mauvaise chute et se casse le bras ; Son corps vieillit de souffrances, de fatigue et de soucis ; elle quitte néanmoins Avila pour reprendre des fondations et demande à Anne de Saint Barthélémy de l’accompagner. Elle a 28 ans et la Mère Thérèse en a 62 .
Anne reçoit ainsi l’immense bonheur de « converser avec une sainte ». Une amitié profonde se noue entre elles deux. Elle devient son infirmière, sa confidente et sa secrétaire, apprenant à écrire en copiant l’écriture de la Madre.
Enfin, quelques instants avant de mourir, la Mère Thérèse fait approcher Anne de Saint Barthélémy, pose sa tête sur son bras, lui exprimant ainsi sa reconnaissance, sa confiance et sa tendresse, et passe ainsi de ce monde en l’autre; ce dernier geste est une grande consolation pour la jeune sœur, malgré la peine qu’elle éprouve de la séparation. La mort de la Fondatrice introduit en effet une nouvelle rupture dans sa vie mais l’oblige en même temps à donner toute sa mesure humaine et spirituelle.

1604…En route pour la France

La traduction des œuvres de Sainte Thérèse vient de paraître en France et suscite dans le milieu spirituel parisien, Bérulle, Madame Acarie, Jean de Brétigny et d’autres…, le grand désir de voir s’implanter en France les carmélites de Sainte Thérèse. On organise donc un voyage en Espagne dans le but de ramener quelques carmélites qui seraient les pierres de fondation du carmel en France. Sr Anne de Saint Barthélémy est du nombre des 6 carmélites choisies. Elle accepte en souvenir de la Mère Thérèse qui avait intensément porté dans sa prière le bien spirituel de ce pays où se développait la Réforme protestante..
Le groupe des sœurs fondatrices arrive en France le 15 octobre 1604.
Ignorante de la langue française Anne se confie en la Providence pour aller de l’avant, disposée au déracinement et accueillante aux épreuves qui ne lui feront pas défaut.

Prieure du carmel de Pontoise, Paris…

La première épreuve qu’elle doit assumer est celle de quitter sa condition de sœur converse pour devenir prieure du 2ème carmel de France à Pontoise en 1605, puis de Paris. A son sujet, écrit H. Brémond, « Ce que la France avait de alors de plus rare, s’est laissé conduire avec joie par cette humble femme dont les yeux semblaient refléter encore la dernière extase de Sainte Thérèse. » Très vite on reconnaît ses qualités spirituelles de grande humilité et de charité et son autorité de témoin privilégié de Sainte Thérèse.

Prieure à Tours (1608-1611)

En 1608, les supérieurs lui demandent d’aller fonder un carmel à Tours. C’est là qu’elle accueille la première novice bretonne, Marie de Kerémar, en religion Sr Marie de Saint Elie, originaire d’Allineuc, petite bourgade du centre Bretagne, près de Quintin. Allineuc était à l’époque un centre de production de toiles de lin expédiées en grande partie en Espagne via les ports de Morlaix et de Nantes. Ce commerce a certainement contribué à faire connaître la Réforme de la Mère Thérèse jusqu’au centre Bretagne. Sr Marie de Saint Elie sera plus tard co-fondatrice des carmels de Nantes, Morlaix et Guingamp.

Paris à nouveau

A la fin de son priorat, Mère Anne de Saint Barthélémy regagne Paris, avec le souhait d’aller en Flandres, où se développe également le carmel thérésien sous l’impulsion de la Mère Anne de Jésus, sa compagne de fondation à Paris et des Pères Carmes espagnols. Elle n’est pas toujours d’accord en effet avec le mode de gouvernement du carmel français par le Cardinal de Bérulle et pense que ce charisme doit être dévolu aux Pères Carmes selon le désir de Sainte Thérèse elle-même.
Sa présence à Paris n’est que de quelques mois mais ne passe pas inaperçue.
Au cours de l’été 1611, Julienne de Kerémar, sœur de Marie, vient lui demander conseil, au sortir d’un essai de vie religieuse chez les capucines de Paris. Mère Anne de Saint Barthélémy semble enchantée de cette rencontre et lui propose, à défaut de pouvoir être religieuse, de fonder un carmel en Bretagne. Julienne propose que ce soit à Morlaix, car elle sait que cette ville désire « un couvent de femmes adonnées à la prière. »
L’idée est lancée ; elle fera son chemin  et aboutira, après de nombreuses difficultés et péripéties certes, à la fondation du carmel de Morlaix, en 1624. C’est pourquoi notre carmel de Morlaix nourrit beaucoup d’affection et de reconnaissance à l’égard de la compagne privilégiée de Sainte Thérèse.

Puis les Flandres

En octobre 1611, Mère Anne de Saint Barthélémy quitte la France pour Bruxelles d’où elle est envoyée fonder le carmel d’Anvers l’année suivante ; manifestement elle est plus à l’aise sous la conduite des Pères Carmes dont certains sont espagnols. Mais elle garde les carmélites françaises dans son cœur.
La ville d’Anvers l’accueille comme une sainte ; elle attribuera à ses prières et à celles des carmélites d’avoir été sauvée de la destruction à 2 reprises par l’ennemi hollandais ; aussi appella-t-on la Mère Anne « le bouclier d’Anvers ».
Des personnes de toutes conditions viennent à elle. Une fois de plus, ses qualités humaines et spirituelles trouvent à s’exprimer avec bonheur. Après avoir été l’âme du carmel français en ses origines, elle communique aux flamandes le pur esprit thérésien.
Elle meurt au carmel d’Anvers le 7 juin 1626 et fut béatifiée en 1917.


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