Discerner sa vocation

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Quelques questions sur la vocation

Parler de sa vocation : à qui ? comment ?

A qui faut-il en parler et faut-il tenir compte des avis extérieurs ?

Si tu en parles trop, tu risques de limiter ta liberté en étant trop sensible aux avis des uns et des autres. Mais si tu n'en parles jamais à personne, tu peux aussi t'enfermer dans une illusion. Il faut donc, au moins dans un premier temps, confier ta vocation à des personnes capables de la comprendre et dont le discernement est nourri par l'expérience. Si des réactions sont négatives, il faut prier pour ceux qui les ont formulées, leur dire que tu les as entendues, et en tenir compte dans la mesure où cela te paraît juste.
Père Olivier de Cagny

Etre capable

Peut-on répondre à la question de sa vocation en se regardant pour savoir de quoi on est capable ?
L'évangile lui-même nous rappelle (Lc14, 28-30) qu'il vaut mieux s'asseoir pour réfléchir avant un engagement, afin d'aller jusqu'au bout. En même temps, il ne s'agit pas tout d'abord de "se regarder", mais d'accepter le regard que Dieu pose sur nous, un regard plein d'espérance qui ne s'arrête pas à nos limites, nos faiblesses, mais entrevoit toujours le meilleur pour nous.
Dieu n'appelle pas des gens capables, mais il rend capable celui qu'il appelle, ce qui est tout différent. L'histoire de l'église est remplie d'hommes et de femmes qui ont été transformés par l'appel de Dieu et rendus capables d'accomplir de grandes œuvres auxquelles ils n'avaient jamais pensé auparavant.
Père Vincent de Guibert

Signes d'une vocation

Doit-on attendre des signes explicites pour savoir sa vocation ?

Les signes ne sont peut-être pas ceux qu'on attend.
Il y a des signes intérieurs que chacun est seul à pouvoir identifier :
La paix, et la joie du cœur à se donner au Christ.
L'ouverture aux autres et le désir de les servir.
Il y a des signes extérieurs :
L'avis d'un accompagnateur, d'une accompagnatrice, spirituels est très indicatif : il ou elle peut encourager tes projets ou les freiner. Mais ce n'est pas elle ou lui qui prendra une décision à ta place.
• De même que pour se marier il faut en avoir explicitement parlé à son (sa) bien-aimé(e) et avoir sa réponse, de même pour vivre une consécration, il faut explicitement en parler à cette communauté qui t'attire. Tant que tu n'as pas fait ce pas, ton projet peut n'être qu'imaginaire.
Père Guy-Emmanuel Cariot

Appelé au célibat

A quels signes puis-je vérifier que le Seigneur m'appelle au célibat ?

à l'intimité que tu auras avec le Christ dans la prière, à la paix et à la joie de vivre que tu ressens dans cet état de célibataire ; si tu vérifies que cela contribue à augmenter ta foi, et non à la diminuer, si tu trouves ton bonheur à être au service des autres en donnant le meilleur de toi-même sans que ta personne s'appauvrisse, si l'amour d'un éventuel conjoint ne te paraît pas combler ce que tu attends de l'amour, c'est sans doute que le Seigneur t'appelle à consacrer ta vie dans le célibat et la chasteté.
P. Robert Huet, s.j

Séjour en communauté

Je suis très attiré par la vie religieuse, mais il m'est très difficile de discerner où et quand. Je pense passer un mois l'été prochain dans la communauté de X. pour voir si le Seigneur m'appelle là-bas.
Très bonne décision que d'aller faire un séjour prolongé dans la communauté qui t'attire. Car rien ne sert de rester à distance à ruminer ou à fantasmer sur d'hypothétiques projets. Le mieux est de faire ce séjour qui mettra du réalisme dans ta réflexion. Et cela d'autant plus que tu fais encore tes études. Tu pourras ainsi prendre le recul nécessaire à ton retour de cette communauté.
Père Renauld de Dinechin

Vocation : renoncement ou consentement ?

La vocation est-elle un sacrifice ?

Répondre à l'appel de Dieu n'est pas un "sacrifice" qui détruit en nous ce qui désire s'accomplir et vivre. Dieu n'est pas un voleur qui cherche à dérober quelque chose de ma vie. Dieu donne la vie ; la vocation qu'il m'offre ne me fait rien perdre. Elle est un appel à être, à être davantage, non pas davantage que les autres, mais davantage que ce que nous étions jusque-là. Le mouvement de personnalisation, d'épanouissement de ma vie n'est pas « cassé » par la rencontre de Dieu. Qui est Dieu ? Celui qui tire la vie du néant, qui appelle à l'existence ce qui n'existait pas. Dieu n'est pas le concurrent de notre vie mais le garant de notre grandeur" (Cardinal Ratzinger, Jubilé des catéchistes, 2000). Avec lui, c'est notre humanité qui s'épanouit bien au-delà de ce que nous pourrions imaginer. C'est vrai que toute croissance comporte des choix et des renoncements. Choisir telle forme de vie, c'est en laisser d'autres. Si le désir de lui consacrer notre vie en y mettant le prix nous met dans la joie et que l'Eglise confirme cela, alors c'est qu'il nous appelle.

P. Jean-Marc Furnon, jésuite

Mission des religieux dans l'Eglise

De quoi est faite la vie d'un religieux ou d'une religieuse ? Quelle mission leur confie l'Eglise ?

Les religieux sont des disciples de Jésus vivant sous le même toit en communauté, dans la chasteté et selon une règle de vie. C'est le charisme de leur fondateur qui les réunit. Ils ont d'abord perçu en eux l'appel du Christ, un élan et une joie à le suivre : Totus tuus, tout à toi. Les uns sont tout à la louange, dans la gratuité pour Dieu et l'humanité ; d'autres sont poussés vers leurs frères pour le service des pauvres, l'annonce de l'Evangile… L'Eglise accueille, discerne et confirme. Elle leur confie une mission en les encourageant à mettre en œuvre leur charisme. Elle peut leur confier une mission particulière à partir de ce qu'ils sont pour le bien de l'Eglise ou de l'humanité.
P. Jean-Marc Furnon, jésuite