2 février 2018 - Fête de la Vie Consacrée

Dans la Tradition byzantine, cette Fête est appelée « Fête de LA RENCONTRE ».

Tant de rencontres manquées dans nos vies ! Pourquoi ?

En grande partie parce que, tout en ayant les yeux ouverts et en sachant bien des choses sur le Christ, notre coeur reste dans l'ombre, dans la nuit, replié sur soi : il n'y a pas de lumière dans nos coeurs. Car la lumière est d'un autre ordre que ce que l'on sait, la lumière vient du coeur et de l'ouverture du coeur.

ICI, TOUT EST OFFRANDE

Du côté de Marie d'abord, qui, quarante jours seulement après la naissance de son Fils, doit pour ainsi dire s'en défaire : il n'est pas à elle, il est pour nous ; elle vient l'offrir. Joseph aussi : ce n'est pas son enfant, il n'est là que pour Jésus, pas pour lui-même.

Et l'un et l'autre manifestent une offrande bien plus profonde, celle même de notre Père [...]. Notre Père n'est pas pour lui : Il est tout offert. Jésus en est l'offrande continuelle ; il est vers nous, pour nous.

Siméon enfin qui est l'homme de la rencontre. Lui aussi est l'homme de l'offrande.

AU FOND, QU'AVONS-NOUS A OFFRIR ?

Nous n'avons pas à penser à des choses sublimes ! Nous avons d'abord à offrir comme lui notre désir, notre attente, notre quête dans l'espérance ... le fait que nous soyons dans le noir. [...] - Pour vivre ce Mystère, il nous faut consentir à entrer au temple de notre coeur, ce lieu caché de la rencontre où Jésus nous "révèle" nos "pensées intimes" (Luc 2, 35) [...]

L'essentiel de cet événement extraordinaire mais très simple, très humble de notre rencontre avec Lui, c'est LA CONFIANCE.

Nous voulons nous offrir, mais le plus souvent il y a dans notre offrande un je ne sais quoi  de volontariste ou de désabusé.

Or, NOUS OFFRIR, C'EST nous confier à Lui comme Il s'est confié à nous, livré sans condition, faible paradoxalement, sans défense, démuni : "Voici mon Corps livré pour vous, mon sang versé". L'Esprit est répandu ...

L'Esprit Saint nous apprend à veiller comme Joseph et Marie en contemplant le visage du Seigneur qui nous est confié. Il nous ouvrira les yeux et nous fera "voir le Salut", mais en regardant les autres ... pas moi, pas mon Eglise, mais les autres.

Jésus – à qui nous sommes unis – n'est pas à nous. S'il m'est donné, c'est pour que je Le donne. Je ne le rencontre que si je me donne à Lui, et donc aux autres.

C'est pour eux qu'Il nous est donné afin que, L'accueillant, nous Le donnions nous aussi. La lumière jaillit de cette Rencontre !

Père Jean Corbon
(Extrait de son livre : "Cela s'appelle l'aurore" Ed. Béatitudes)